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Omble de fontaine au Québec : un plan nécessaire, mais où est le bilan biologique

Plan de gestion 2020-2028 — Analyse du plan, de sa synthèse et du bilan 2026



En 2020, le Québec lançait son premier Plan de gestion de l’omble de fontaine 2020-2028 avec un constat qui aurait dû sonner l’alarme partout dans la province : plus de la moitié des populations d’ombles de fontaine en lac étaient considérées en situation de surexploitation.

Le portrait détaillé était encore plus inquiétant.


Selon le diagnostic présenté dans le plan complet, seulement 21 % des populations évaluées étaient considérées à l’équilibre. Les autres se répartissaient entre 17 % en surexploitation récente, 34 % en surexploitation avancée et 28 % en récupération [1].


Autrement dit, au moment de mettre le plan en place, à peine une population sur cinq pouvait être considérée en équilibre.


Ce n’était donc pas un petit ajustement de réglementation que la situation exigeait. Le Québec faisait face à un problème beaucoup plus profond concernant l’exploitation, la productivité des habitats, la qualité des populations et leur capacité à se renouveler.


Le Ministère le reconnaissait lui-même : malgré une diminution générale de la pression de pêche entre 1980 et 2010, le rendement et le succès de pêche avaient diminué, et plus de 50 % des populations analysées se trouvaient en situation de surexploitation [2].


Six ans plus tard, le Bilan 2026 nous permet enfin de voir ce qui a été fait.


Et il faut le dire : beaucoup de choses ont été entreprises.


Mais il faut également poser la question qui dérange :


Est-ce que les populations d’ombles de fontaine vont réellement mieux?


À la lecture du bilan 2026, la réponse demeure essentiellement :

Nous ne le savons pas encore.


Un problème qui était déjà clairement identifié


Le plan 2020-2028 reposait sur une base scientifique relativement solide.


Plus de 180 inventaires en lac avaient été analysés pour établir le portrait général. Le diagnostic démontrait que la mortalité dépassait la capacité de renouvellement dans plus de la moitié des populations étudiées. Le Ministère soulignait également que la situation demeurait préoccupante autant dans les territoires fauniques structurés que sur le territoire libre [2].


Mais le plan apportait surtout une explication extrêmement importante : la surexploitation de l’omble de fontaine peut être difficile à percevoir au début.


Une population soumise à une forte mortalité peut momentanément compenser. La croissance ou l’abondance de certaines classes de poissons peut même donner l’impression que la situation demeure acceptable.


Mais si cette exploitation se poursuit, les conséquences deviennent progressivement visibles : moins de gros poissons, diminution de l’abondance et, ultimement, réduction du nombre de femelles matures et du potentiel reproducteur [2].


C’est probablement l’un des constats les plus importants de tout le plan.


Une bonne journée de pêche n’est pas automatiquement la preuve qu’une population est en bonne santé.


Et attendre que le succès de pêche s’effondre avant d’intervenir signifie parfois attendre que le problème soit déjà bien installé.


GRAPHIQUE 1 — État des populations lors du diagnostic initial


Répartition des populations d’ombles de fontaine en lac selon le diagnostic présenté à la figure 13 du plan complet [1] :


  • 21 % — Équilibre

  • 17 % — Surexploitation récente

  • 34 % — Surexploitation avancée

  • 28 % — Récupération


Le chiffre qui devrait rester en tête est simple :


seulement 21 % étaient classées à l’équilibre.


Et 51 % se trouvaient directement dans les deux catégories de surexploitation.


Un plan beaucoup plus large que la réglementation


Un des mérites du Plan de gestion 2020-2028 est de ne pas avoir réduit le problème à la seule limite quotidienne de prises.


Le plan comprend environ 70 mesures touchant l’exploitation, les quotas, les habitats, les populations allopatriques, les espèces introduites, les ensemencements, la sensibilisation et l’acquisition de connaissances [2].


C’était la bonne approche.


Parce qu’on ne peut pas protéger durablement une population simplement en réduisant la récolte si, parallèlement, ses frayères se dégradent, ses cours d’eau sont fragmentés, des espèces compétitrices sont introduites, la température de l’eau augmente ou sa productivité naturelle diminue.


Le plan reconnaît d’ailleurs explicitement la dégradation des habitats, la perte de l’allopatrie et les changements climatiques comme facteurs pouvant contribuer au déclin des populations [2].


Sur le diagnostic, le Québec avait donc bien identifié le problème.

La question devient plutôt :


Avons-nous transformé ce diagnostic en résultats mesurables?


Ce qui a réellement été réalisé depuis 2020


Il serait injuste de prétendre que rien n’a été fait.


Le bilan 2026 démontre au contraire plusieurs avancées concrètes.


La limite quotidienne de prise a notamment été diminuée dans 10 zones ou parties de zones, tandis que certaines périodes de pêche ont été harmonisées [3].


Le travail de révision des quotas annuels dans les territoires fauniques structurés se poursuit afin que les prélèvements correspondent davantage à la productivité naturelle des plans d’eau [3].


Le Ministère a également développé ou amélioré des plans d’ensemencement, des outils administratifs, des méthodes diagnostiques et différentes mesures de sensibilisation.

Mais deux réalisations ressortent particulièrement.


125 lacs : probablement l’investissement scientifique le plus important du plan


Depuis 2020, le Québec a structuré un réseau provincial de suivi d’environ 125 lacs.


Ces plans d’eau, répartis dans les différentes zones de pêche et autant en territoire libre que dans les territoires fauniques structurés, doivent être inventoriés selon des cycles de cinq ou dix ans [3].


À mon avis, c’est probablement l’outil le plus important créé dans tout le plan.

Pourquoi?


Parce qu’il permettra enfin de suivre les mêmes populations dans le temps avec une méthodologie comparable.


On pourra éventuellement poser une vraie question scientifique :


Avant les mesures, quel était l’état de cette population?


Puis :


Cinq ou dix ans plus tard, est-elle meilleure, stable ou pire? C’est exactement ce qui manquait au portrait précédent. Dans le plan initial, seulement deux plans d’eau avaient été échantillonnés à deux reprises sur une longue période, ce qui empêchait pratiquement toute véritable analyse temporelle provinciale [1].


Le réseau des 125 lacs peut donc changer complètement notre capacité de suivre l’omble de fontaine.


Mais en 2026, il faut être clair :


le réseau existe; ses résultats à long terme, eux, ne sont pas encore disponibles.


L’allopatrie : une véritable priorité qui commence à être prise au sérieux


Le cas des populations allopatriques est particulièrement important.


Ces lacs où l’omble de fontaine est naturellement la seule espèce de poisson constituent un patrimoine biologique particulier du Québec.


Or environ 70 % des secteurs autrefois en allopatrie ont perdu cette caractéristique, principalement à la suite de l’introduction volontaire ou accidentelle d’autres espèces [2].


Le bilan 2026 rapporte un travail beaucoup plus concret dans ce dossier.


L’allopatrie a notamment été vérifiée par ADN environnemental dans 110 lacs répartis dans six régions, parallèlement à la construction d’une cartographie provinciale plus fine [3].


Un guide sur l’utilisation de la roténone a également été produit pour encadrer certaines restaurations de lacs envahis par des espèces indésirables [3].


C’est une avancée réelle.


Ici, on ne parle pas seulement de sensibilisation : on améliore notre connaissance du territoire et nos capacités d’intervention.


Habitat : de l’argent et des projets, mais il faut maintenant mesurer le résultat


Le bilan indique également que plus de 1,8 million de dollars ont été investis dans des projets liés notamment à la protection de l’allopatrie, à la restauration, à la connectivité des habitats et à l’amélioration des pratiques d’aménagement [3].


Des travaux sont aussi réalisés afin de mieux comprendre l’importance des petits cours d’eau forestiers, d’améliorer l’estimation de la productivité naturelle et d’identifier les ponceaux pouvant empêcher la libre circulation du poisson [3].


Encore une fois : très bonne direction.


Mais éventuellement, un véritable bilan devrait pouvoir répondre avec des chiffres simples :


  • Combien de ponceaux problématiques ont été corrigés?

  • Combien de kilomètres d’habitat ont été reconnectés?

  • Combien de frayères ont été restaurées?

  • Combien de populations ont démontré une augmentation mesurable de leur productivité après intervention?


Investir 1,8 million de dollars constitue une mesure de l’effort.


Ce n’est pas encore une mesure du résultat biologique. Et cette distinction est fondamentale.


TABLEAU — Où en sommes-nous réellement en 2026?


Enjeu

Situation ou objectif

Bilan 2026

Ce qu’il manque encore

État des populations

Plus de 50 % surexploitées au diagnostic

Pas de nouveau pourcentage provincial

Nouveau portrait biologique comparable à 2020

Populations à l’équilibre

Seulement 21 % dans le portrait initial

Pas de nouvelle proportion publiée

Mesurer l’évolution du 21 %

Limites de prises

Réduire la mortalité par la pêche

Réductions dans 10 zones ou parties de zones

Effet biologique mesuré de ces réductions

Quotas en TFS

Adapter la récolte à la productivité

Révision toujours en cours

Nombre de lacs révisés et réponse des populations

Réseau scientifique

Améliorer le suivi à long terme

Environ 125 lacs suivis

Résultats des deuxièmes inventaires

Allopatrie

Protéger les populations uniques

110 lacs validés par ADNe

Superficie protégée et nombre de populations restaurées

Habitat

Améliorer productivité et connectivité

Plus de 1,8 M$ investis

Résultats biologiques quantifiés

Ponceaux

Identifier les obstacles

Projet LiDAR et protocole en développement

Nombre corrigé et habitat reconnecté

Remise à l’eau

Diminuer la mortalité

Outils de sensibilisation

Mesure réelle de la mortalité et des pratiques

Changements climatiques

Reconnu comme facteur limitant

Peu d’indicateurs climatiques présentés dans le bilan

Température, refuges thermiques, vulnérabilité régionale

Truite de mer

Populations anadromes préoccupantes

Hors du Plan principal

Bilan distinct et actualisé des populations anadromes

70 mesures du Plan

Mise en œuvre 2020-2028

Bilan des « principales actions »

Tableau exhaustif : complétées/en cours/non réalisées


Remise à l’eau : un chiffre qui devrait nous faire réfléchir


Il y avait également un élément particulièrement frappant dans la synthèse originale.

Environ 25 % des captures étaient remises à l’eau, et le Ministère estimait que la mortalité après remise à l’eau pouvait atteindre 35 à 50 % lorsqu’un appât naturel était utilisé.


À l’échelle de la pêcherie évaluée à cette époque, le document estimait que cette mortalité pouvait représenter environ 1,6 million de poissons annuellement [2].


Ce n’est pas insignifiant.


Le bilan 2026 mentionne maintenant des affiches, dépliants et vidéos consacrés aux bonnes pratiques de remise à l’eau [3].


C’est nécessaire.


Mais après six années de plan de gestion, il serait également utile de savoir :

Est-ce que cette mortalité estimée a diminué?


Est-ce que les pêcheurs utilisent moins souvent des appâts naturels lorsqu’ils prévoient remettre leurs prises à l’eau?


Est-ce que les pratiques de manipulation ont changé?


Encore une fois, nous connaissons l’action entreprise.


Nous connaissons beaucoup moins son efficacité réelle.


Le grand absent : les changements climatiques


Le plan original reconnaît les changements climatiques parmi les facteurs susceptibles d’affecter la productivité naturelle de l’omble de fontaine [2].


Et c’est absolument logique.


Nous parlons d’un poisson d’eau froide.


La température influence directement la quantité d’habitat disponible, les besoins en oxygène, l’alimentation, le métabolisme, les déplacements et éventuellement la survie.


Pourtant, lorsque je regarde le bilan 2026, je trouve que la dimension climatique demeure beaucoup trop discrète comparativement à l’importance qu’elle risque de prendre au cours des prochaines décennies.


J’aurais voulu voir un véritable tableau provincial indiquant notamment :


  • Les lacs et bassins versants les plus vulnérables;

  • L’évolution des températures estivales;

  • La disponibilité des refuges thermiques;

  • Les secteurs où l’habitat thermique risque de se contracter;

  • Les populations situées près de leurs limites physiologiques;

  • Les adaptations de gestion envisagées.


Un plan de gestion d’une espèce d’eau froide qui se rendra au-delà de 2028 ne pourra plus traiter l’adaptation climatique comme un dossier secondaire.


Et la Côte-Nord? Le dossier de la truite de mer demeure particulier


Il y a finalement un élément majeur qu’il ne faut surtout pas oublier lorsque nous parlons de la Côte-Nord : l’omble de fontaine anadrome, notre truite de mer.


Le document synthèse reconnaissait déjà que les données de captures sportives et les suivis scientifiques disponibles depuis les années 1980 indiquaient un déclin de l’abondance et de la taille des captures dans plusieurs populations bien connues [2].


Pourtant, ces populations n’ont volontairement pas été intégrées au Plan de gestion 2020-2028, leur écologie étant suffisamment différente de celle des populations résidentes.


Le Ministère avait plutôt élaboré un Plan d’action 2019-2022 devant notamment établir un réseau spécifique de suivi de l’omble anadrome et améliorer les connaissances sur ses habitats [2].


Cela veut dire quelque chose d’important :


le fameux chiffre de plus de 50 % de populations surexploitées ne constitue pas un portrait complet de la situation de la truite de mer sur la Côte-Nord.


C’est un autre dossier.


Et puisque le déclin de plusieurs populations anadromes était déjà reconnu dans les documents gouvernementaux avant 2020, nous avons besoin aujourd’hui d’un véritable bilan actualisé de ce Plan d’action 2019-2022.


  • Où en sont les populations?

  • Le réseau de suivi spécifique a-t-il réellement été implanté?

  • Quelles populations sont suivies?

  • Quelle est l’évolution de l’abondance?

  • Quelle est l’évolution de la taille des poissons?

  • Quels habitats critiques ont été identifiés?

  • Quelles mesures de conservation ont été prises?


Pour la Côte-Nord, ces réponses sont essentielles.


Le plus gros problème du bilan 2026


Voici finalement ce qui me dérange le plus.


Le document publié en 2026 est présenté comme un bilan des cinq premières années, mais le Ministère précise lui-même qu’il s’agit d’un portrait des principales actions réalisées [3].


Le plan contient environ 70 mesures.


J’aurais donc voulu trouver un tableau de reddition de comptes beaucoup plus simple :


Mesure 1 : réalisée.

Mesure 2 : en cours.

Mesure 3 : non réalisée.

Mesure 4 : reportée.

Et ainsi de suite jusqu’à la mesure 70.


Avec, pour chacune :


un échéancier;

un responsable;

un indicateur;

le résultat attendu;

le résultat obtenu;

et, lorsque possible, l’effet biologique observé.


Ce tableau n’est pas présent.


Conséquence :


nous ne sommes pas réellement capables de dire quel pourcentage du Plan de gestion a été réalisé.


40 %?

60 %?

80 %?


Nous ne le savons pas à partir de ce bilan.


Surtout, nous ne connaissons toujours pas le nouveau portrait biologique


Voilà le cœur du problème.


En 2020 :

21 % à l’équilibre.17 % en surexploitation récente.34 % en surexploitation avancée.28 % en récupération.


Et en 2026?

Nous n’avons pas de nouveau portrait provincial comparable. C’est là que je trace une ligne très importante. Je ne dirais pas que le Plan de gestion est un échec. Ce serait injuste et scientifiquement prématuré.


Des outils importants ont été créés. Des limites ont été réduites. Des quotas sont révisés. Des habitats sont étudiés. Des projets sont financés. L’ADN environnemental est utilisé. Un réseau de 125 lacs est maintenant en place.


Tout cela compte.


Mais je ne dirais pas non plus que le bilan 2026 démontre que le Plan fonctionne biologiquement.


Il démontre que des actions ont été entreprises.

Il ne démontre pas encore que les populations se sont rétablies.

Cette distinction doit être comprise.


Une phrase du bilan 2026 en dit beaucoup


Le Ministère indique lui-même qu’en dépit des actions entreprises depuis 2020, plus de cinq années d’efforts supplémentaires seront nécessaires avant d’observer une amélioration significative de l’état des populations [3].


Nous sommes en 2026.


Cinq années supplémentaires nous amènent au minimum vers 2031. Or le Plan actuel se termine en 2028.


Il y a donc une conclusion logique à tirer :


2028 ne pourra probablement pas être la fin du travail.


Ce sera plutôt la fin d’une première phase.


Le prochain plan devra assurer la continuité du réseau de suivi et commencer à produire ce que nous attendons depuis le début : des tendances biologiques mesurables.


Ce que le Québec devrait publier en 2028


Le bilan final devrait selon moi contenir au minimum :


1. Un nouveau portrait provincial de l’état des populations, avec exactement les mêmes catégories que le portrait initial afin de permettre une comparaison directe.


2. Le pourcentage de populations maintenant considérées à l’équilibre.

Est-ce toujours 21 %?, 25 %? ou 35 %?


C’est probablement l’indicateur le plus simple pour savoir si nous avançons.


3. L’évolution de la biomasse des femelles matures et du potentiel reproducteur.

4. L’évolution de l’abondance et de la structure d’âge.

5. Les résultats biologiques des modifications de quotas et des limites de prises.

6. Le nombre de populations allopatriques protégées, restaurées ou perdues depuis 2020.

7. Les kilomètres d’habitat reconnectés et le nombre de ponceaux réellement corrigés.

8. Une évaluation des effets des changements climatiques et de la température de l’eau.

9. Un tableau complet des quelque 70 mesures du Plan : réalisées, en cours, retardées ou abandonnées.

10. Un bilan distinct et complet de l’omble de fontaine anadrome.


Conclusion — gérer n’est pas seulement agir, c’est démontrer que nos actions fonctionnent


Le Plan de gestion de l’omble de fontaine 2020-2028 était nécessaire.

Le diagnostic était préoccupant et plusieurs des mesures retenues allaient dans la bonne direction.


Le bilan 2026 démontre également que le dossier n’a pas été abandonné. Le réseau scientifique s’améliore, des projets sont financés, des outils sont développés et plusieurs interventions sont en cours.


Il faut reconnaître ces avancées. Mais protéger une espèce ne consiste pas seulement à produire des guides, financer des projets, modifier des règlements ou créer des plateformes.

Le véritable résultat se trouve dans l’eau.


  • Combien de populations sont maintenant en santé?

  • Combien se sont rétablies?

  • Combien continuent de décliner?

  • Combien de reproducteurs avons-nous protégés?

  • Combien d’habitats avons-nous réellement récupérés?


Et surtout :


Sommes-nous encore à 21 % de populations à l’équilibre, ou avons-nous véritablement réussi à déplacer l’aiguille?


Voilà la question à laquelle le prochain bilan devra répondre.

Parce qu’en 2020, nous savions déjà que plus de la moitié des populations évaluées étaient surexploitées.


En 2026, nous savons beaucoup mieux ce qui a été fait.

Maintenant, il faut savoir si ça fonctionne.


Et si le Ministère estime lui-même qu’il faudra encore plus de cinq ans pour observer une amélioration significative, alors il faut dès aujourd’hui préparer l’après-2028.

Pas en recommençant à zéro.


Mais en utilisant les outils qui ont été construits pour finalement passer d’un bilan d’actions à un véritable bilan de l’état de la ressource.


Parce qu’au bout du compte, ce ne sont pas nos intentions, nos programmes ou nos documents qui détermineront l’avenir de l’omble de fontaine.


Ce seront les poissons qui seront encore présents dans nos lacs et nos rivières pour se reproduire demain.


Sources


[1] Gouvernement du Québec — Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs. Plan de gestion de l’omble de fontaine au Québec 2020-2028 — document complet. Voir notamment la section « État des populations », figure 13 : 21 % à l’équilibre, 17 % en surexploitation récente, 34 % en surexploitation avancée et 28 % en récupération.

[2] Gouvernement du Québec — Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs. Plan de gestion de l’omble de fontaine au Québec 2020-2028 — Document synthèse, 2019. Diagnostic des populations, surexploitation, mortalité à la remise à l’eau, allopatrie, 70 mesures et situation de l’omble de fontaine anadrome.

[3] Gouvernement du Québec — Ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs. Plan de gestion de l’omble de fontaine 2020 — Bilan 2026, 2026. Réduction des limites dans 10 zones ou parties de zones, ADNe dans 110 lacs, réseau provincial d’environ 125 lacs, investissements de plus de 1,8 M$, projets d’habitat et conclusion sur les efforts supplémentaires nécessaires.



 
 
 

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